Je ne sais pas décrire ces larmes qui parfois lentement se diffusent en moi, ces larmes qui font juste briller mes yeux et qui ne coulent pas, ces larmes si singulières qu’on qualifie de larmes de joie.
Alors je me suis dis, je vais écrire ce que je ne sais pas dire, je vais retranscrire toutes ces émotions que je réprime, celles qui se nichent dans le creux de ma gorge et que je ne verbalise pas, mais cela non plus je ne sais pas.
Je sais écrire le vacarme et la confusion, la noirceur et la déraison, l’amertume et la désolation. Je sais disséquer ce qui a été, ce qui a manqué ou ce qui brise, m’appesantir sur les regrets et le néant, mais que je ne sais pas raconter l'enchantement.
Non je ne sais pas raconter l’enchantement.
Je ne sais pas décrire ces émois qui saisissent le coeur, ces troubles qui éloignent de la peur et que trop souvent on tait, par pudeur.
Pourtant j’aimerais te parler de l’effet que cela me fait quand derrière la porte j’entends le bruit de ton pas, quand parfois je t’observe aller et venir ou encore sans que tu ne le saches je m’attarde sur ton sourire.
J’aimerais tant te décrire, ce que tes doux yeux verts, inlassablement m’inspirent, comment ta main cajoleuse ma peau fait frémir, et pourquoi si souvent le seuil de ta bouche je rêve de franchir.
Et puis j’aimerais te parler aussi, de ce sentiment si tendre, de ce sentiment enfoui, que tu déposes sur mes lèvres les jours où tu embrasses mes rêves.
Oui j’aimerais te parler de toutes ces choses si convenues et si usées, ces choses qu’on trouve par centaines dans les poèmes du passé et qu’au présent on a tellement de mal à exprimer.
Alors pardonne moi, mon amour, d’ainsi te formuler par quelques détours ce que les mots que je connais ne disent pas, ce que ma main fébrile s’obstine à te révéler dans un style maladroit, mais je te promets qu’un jour, je puiserai dans le silence de ta voix tous ces mots que toi non plus, dire tu ne sais pas.